TM2: N’gana Yéo

Ecrire pour exister, et traduire pour naître : Quelle approche pour la traduction des noms dans La carte d’identité ?​

N’gana Yéo

Federal University of Santa Catarina, Brasil

Résumé: Si la victoire de l’écriture sur l’oralité – telle que présentée par l’histoire – est aujourd’hui un fait concret dans le domaine de la connaissance; il s’agit là, pour les intellectuels africains, d’un aspect fondamental pour réfléchir sur l’épistémè et son mode de transmission. Passer de l’oral à l’écrit, c’est accepter de se métamorphoser, c’est briser certaines barrières invisibles pour en reconstruire d’autres plus visibles, plus coercitives, plus affamées. Cette victoire octroie ainsi à l’écrit, un superpouvoir entretenu depuis des siècles. Bakhtine disait que « là où il n’y a pas de texte, il n’y a pas d’objet d’étude et de pensée » (Cf. Ricard, 2011). Écrire est alors chez Jean-Marie Adiaffi, comme chez nombre de ses contemporains, une question d’existence en soi, de vie ou de mort. Dans cette communication, je montrerai comment dans ce qui est loisible d’appeler un « retour à soi », ou «retour aux sources », Adiaffi a, par devoir de mémoire, redonné aux noms propres une autre dimension et une certaine précellence. Ils deviennent donc, en tant qu’univers, la pièce essentielle pour la construction de la subjectivité, pour l’inscription de l’identité. Ce travail présentera aussi comment la notion ricardienne de « traduction dialogique » (Ricard, 2011) fonctionne dans le cadre de ma traduction de La carte d’identité de Jean-Marie Adiaffi vers le portugais brésilien. Ainsi, je maintiendrai le projet didactique et initiatique de l’auteur dans lequel les anthroponymes et expressions en langue Agni sont des marqueurs culturels indéniables et indispensables.

Mots-clés: Traduction dialogique. Noms Propres. Agni. Jean-Marie Adiaffi. Littérature ivoirienne.

Notice biographique: Yéo  N’gana  is a Ph.D Candidate of the Post-Graduate Program in Translation Studies at the Federal University of Santa Catarina (UFSC) – Brazil. Fellow of the PECPG/CAPES scholarship programme funded by the Brazilian Ministry of Education, he is a member of the Research Unit in Translation History (CNPq/UFSC), and also member of the Editorial Team of Cadernos de Tradução. His research interests: Retextualization Process, African Literature, Translation History and Culture.

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