TM2: Marie-France Rooney

Le canuckois, tiers espace de Jack Kerouac ?

Marie-France Rooney

Université d’Ottawa (Canada)

Résumé : Il était largement connu que Jack Kerouac parlait français. Or, avant la parution de La vie est d’hommage aux éditions du Boréal en 2016, on était loin de se douter que le romancier américain avait couché sur papier des textes en français. En effet, dans ce recueil de textes inédits, on trouve des versions préliminaires en français de romans publiés en anglais. L’auteur s’est donc autotraduit à des fins de publication.

Né de parents canadiens-français et originaire d’un quartier de Lowell, au Massachusetts à forte concentration de francophones, Jack Kerouac a grandi dans un environnement bilingue et diglossique. Et s’il s’était forgé un tiers espace où ses deux identités pouvaient s’épanouir pleinement ?

Pour répondre à cette question, je me pencherai sur la réalité sociolinguistique évolutive en Nouvelle-Angleterre suite à la vague migratoire de Canadiens français des années 1840 à 1930, j’analyserai la prose spontanée, technique développée par Jack Kerouac caractérisée par une rapidité de frappe et un minimum de révision, mais aussi des passages de Maggie Cassidy (versions canadienne-française et anglaise) en vue de circonscrire la nature orale de sa plume et la possible contamination langagière intralinguistique.

En raison de son style d’écriture originale et de sa plume non-orthodoxe, Jack Kerouac a essuyé bien des critiques au cours de sa carrière. Le canuckois – néologisme de l’auteur –fait peut-être figure de chaînon manquant dans le processus créatif de Jack Kerouac. Grâce à ce tiers espace, peut-être serons-nous davantage en mesure de mieux comprendre son œuvre et ainsi de mieux la traduire.

Mots-clés : autotraduction, tiers espace, métaphore, hybridité, bilinguisme

Biographie : Marie-France Rooney détient une maîtrise en littératures de langue française (Université de Montréal) et poursuit des études doctorales en traductologie (Université d’Ottawa) dans lesquelles elle conjugue traduction et littérature. Elle s’intéresse à l’autotraduction comme acte de survivance dans l’œuvre de Jack Kerouac.

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